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Kolotioloma Nicolas YÉO - La question de la morale chez les sophistes: Controverse avec Nietzsche Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2013
La question de la morale chez les sophistes: Controverse avec Nietzsche

           
Kolotioloma Nicolas YÉO,                                                                                                   
Université Alassane Ouattara, Côte d’Ivoire
 
Introduction
Les sophistes ont été « accusés d’être des mauvais maîtres ». Au fondement d’une
telle accusation existe l’idée que leurs doctrines sont contraires à la morale. De ce point de
vue, la sophistique rimerait absolument avec le renversement des valeurs et l’effacement de la
barrière entre le bien et le mal. Autrement dit, son essence se réaliserait dans une
magnification du mensonge et dans une amplification de la jouissance sensuelle. Dans
l’établissement de ce rapport de coïncidence entre la sophistique et l’immoralisme, Nietzsche
a joué un rôle décisif. Selon lui, les sophistes ont eu « le courage qu’ont les esprits vigoureux,
de connaître leur propre immoralité ». Il résulte de cette affirmation que les sophistes seraient
des immoralistes qui ont le mérite de se reconnaître comme tels. Si l’estime de Nietzsche pour
les sophistes est allée en grandissant, c’est parce qu’il pense qu’indépendamment de la théorie
sophistique des antilogies qui sape les fondements de la morale, ils ont érigé les pratiques
immorales des Grecs en valeurs philosophiques absolues.
 En conséquence, leurs doctrines seraient réductibles à un immoralisme pur et simple.
Dans ce sens, évoquer valablement la sophistique, reviendrait à l’assimiler nécessairement à la négation de la morale.